Abstract This article explores the theme of repair in the work of French-Algerian artist Kader Attia, focusing on its implications for our understanding of time. Attia’s art features repair on the one hand as a physical practice, one that involves mending by re-piecing, suturing together, substituting, or supplementing. These explorations of physical repair often highlight cultural and ideological variations on what needs repair and how repair is done by juxtaposing or paralleling practices from different parts of the world. The term is also deliberately chosen by Attia to convey the joining or hitching together that continuously occurs when any two peoples, places, or ideas are brought into contact under any circumstances, including natural, political, and cultural ones. Drawing on the resonances between Attia’s ideas and those of both Bruno Latour and Édouard Glissant, I explore the ways in which this more abstract use of the term, derived from its physical workings, is employed in Attia’s work to challenge grand narratives. Amongst these are a belief in linear progress, which upholds Western modernity as a moment of historical exceptionalism, and in circular messianic time, which sees the present moment as one of continuing decline as we move ever further from an originary moment of purity and towards possible selective redemption. Attia’s notion of repair proposes an atelic understanding of time which frees societies from reductive narratives about the past, highlights the variety and social dynamism of the present, and challenges predetermined notions about the future in ways that free the social imagination.RésuméCet article centre sur le thème de réparation dans l’œuvre de l’artiste franco-algérien Kader Attia et interroge les implications de ce thème pour notre compréhension du temps. D’une part, la réparation est représentée dans l’œuvre d’Attia comme la pratique manuelle de rapiécer, suturer, substituer ou supplémenter ce qui est endommagé ou compromis. En juxtaposant des pratiques de réparation des différentes parties du monde, ces explorations de réparation physique soulignent souvent les variations culturelles et idéologiques qui déterminent ce qui est réparé et la manière dans laquelle la réparation est faite. D’ailleurs, le terme “réparation” est délibérément choisi par Attia pour accentuer la continuelle acte de jointure qui tient lieu à chaque fois que deux peuples, deux endroits ou deux idées sont mis en contact dans n’importe quelle circonstance. Cette circonstance peut être provoquée par des phénomènes naturels, politiques ou culturels. En soulignant les résonances entre les idées d’Attia et celles de Bruno Latour et d’Edouard Glissant, j’examine les façons dans lesquelles Attia emploi dans son œuvre cette notion abstraite de la réparation (qui est tirée de ses mécanismes physiques). Il s’en sert pour contester les versions grandioses ou officielles de l’histoire. Des telles versions se centrent soit sur une croyance en une progression continue et linéaire selon laquelle la modernité occidentale est arrivée à un moment de progression exceptionnel par rapport aux autres cultures et civilisations, soit sur une croyance à un temps cyclique – dit messianique –, selon lequel le présent fait partie d’un déclin continu qui mène vers une future rédemption sélective. En revanche, la notion de réparation chez Attia transmet une compréhension atélique du temps. Elle élargit les horizons de l’imagination sociale en contestant les récits limités du passé, en ouvrant les yeux sur un présent vibrant et dynamique, et en mettant en question la notion d’un avenir prédéterminé.
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