Îles à la dérive, roman posthume et recomposé, associe de manière subtile une très forte dimension écopoétique à l’évocation de l’engagement de Hemingway dans les années de la Seconde Guerre mondiale. La grandeur de Hemingway est, en un sens, de suggérer une sorte d’osmose entre le monde naturel et les lois de la guerre. Tout se mêle, la mer, la guerre. Le monde évoqué dans Iles à la dérive est une sorte d’Eden. Derrière Thomas Hudson, le peintre, se cache un Hemingway membre de la Smithsonian Institution, passionné d’ornithologie et d’ichtyologie. Le récit réalise une sorte d’immersion dans le monde naturel, ses phénomènes (la pluie, l’orage, le vent), le règne animal dans toute sa diversité (des crabes aux flamants roses, des requins aux chats), le monde végétal (la brousse, la mangrove, etc.)Mais le roman, dans sa seconde et sa troisième partie, propose aussi une vision géopolitique de Cuba et des Caraïbes pendant la Seconde Guerre mondiale, qui se joue aussi dans cette partie du monde. À sa manière, Thomas Hudson, chef de guerre, et Don Quichotte des Caraïbes (l'expression a été appliquée à Hemingway) combat les Allemands, comme Robert Jordan combattait les fascistes. L’étude interroge l’inscription historique de ce roman, la position de Cuba pendant la Seconde Guerre mondiale, les rumeurs selon lesquelles les Allemands avaient des bases cachées à Cuba, ou que les sympathisants espagnols et allemands étaient nombreux à Cuba.
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