- Research Article
- 10.7202/1117959ar
Ruptures, réconciliation, décolonisation et responsabilité : musique autochtone et composition dominante
- Jan 01, 2025
- Circuit
- Jason Alexander Young
La domination est le plus souvent comprise du point de vue du dominant plutôt que de celui du dominé . Le système occidental eurocentrique et sa narratocratie, à partir desquels la composition contemporaine a évolué, nécessitent un changement significatif. Ce basculement vers la décolonisation est essentiel si l’on veut favoriser une vision du monde plus inclusive et transformer la narratocratie existante. La transformation des institutions exige un virage profond vers la décolonisation et l’indigénisation. Cette réorientation, soutenue par une nouvelle vision du monde, est cruciale dans la promotion de l’inclusivité et l’opposition de la narratocratie actuelle. Les pratiques artistiques, y compris les compositions contemporaines, sont enracinées dans les traditions et normes du passé. Cela peut se justifier en ce qui concerne les méthodes et pratiques, mais ne peut s’appliquer aux traditions socioculturelles et aux préoccupations actuelles visant à contrer les biais culturels dominants, comme la décolonisation. Le Conseil consultatif autochtone (CAA) du Centre de musique canadienne est une organisation qui cherche à réconcilier les oeuvres ignorant les protocoles autochtones et portant préjudice aux peuples par des représentations erronées. Par ces actions, le CAA vise à offrir des perspectives sur des méthodes décolonisées pour engager les cultures autochtones de manière respectueuse et réciproque. Les traditions musicales occidentales, fondées sur l’exploitation des chants populaires pour l’expression créative, ont permis à des compositeurs tels que Léo-Pol Morin, John Jacob Weinzweig, et Edward MacDowell, entre autres, de s’approprier et d’utiliser des chants autochtones sans se soucier des effets sur les peuples autochtones et leur culture. Les enregistrements ethnographiques et l’absence de collaboration avec les autochtones lorsqu’il est question de leur culture et leur musique illustrent ces pratiques extractives historiques. Ces méthodes persistent encore aujourd’hui, augmentant un catalogue de compositions basées sur des thèmes autochtones qui continuent de causer du tort aux peuples autochtones. En tant que compositeurs, nous pouvons représenter le changement par des actions menées indépendamment des institutions. Accepter les points de vue exprimés par les peuples autochtones dans la société contemporaine offre un moyen de renoncer au contrôle systémique sur l’expression artistique en musique. Les moyens d’y parvenir reposent largement sur l’adoption de méthodologies cycliques basées sur les modes de connaissance et de pratique autochtones. L’inspiration ne doit plus être tirée de la musique autochtone elle-même, mais d’une compréhension de la coexistence et de l’harmonie avec les peuples autochtones.
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