Juan de Mariana y la licitud del teatro: nuevas aportaciones sobre su Tratado contra los juegos públicos (ca. 1590)
Le présent article réexamine la contribution de Juan de Mariana au débat sur la licéité du théâtre à travers une analyse détaillée et une collation systématique des sources du Traité contre les jeux publics, publié sous le titre De spectaculis, en 1609. Contrairement à l’interprétation dominante, qui le considère comme une réflexion tardive du jésuite, notre étude montre que le traité a été écrit vers 1590, au moment décisif de la controverse, et que la version castillane était déjà achevée avant 1596. Cette nouvelle datation, appuyée par une comparaison directe des témoignages subsistants, modifie radicalement notre compréhension du « premier livre entier écrit contre le théâtre » en Espagne : loin d’être la complainte d'un vieil érudit reclus dans sa cellule, le Traité se révèle comme l’un des principaux témoignages sur l’origine de la nouvelle comédie et de la culture du Siècle d’or, écrit par l’un des esprits les plus lucides de son temps. Contemporain des événements, Mariana traite avec une précision remarquable les questions brûlantes de son époque : la construction des corrales, le financement des hôpitaux, la profession de comédien, les femmes sur scène, l’érotisme de la danse, le plaisir de la musique théâtrale, la promiscuité des actrices, la légalisation de la prostitution et de la tauromachie. Sa réponse est une critique radicale —particulièrement incisive dans le chapitre sur « l’état des choses en Espagne », omis dans l’édition imprimée— fondée non seulement sur des motifs moraux et religieux, mais aussi, et surtout, sur des motivations politiques : la conviction que les nouvelles coutumes introduites par les spectacles précipiteraient le déclin de la monarchie espagnole, la fin de la domination espagnole dans le monde et, à terme, le déclin de la religion catholique.
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