Lyon/Lugdunum jouit d’un statut particulier durant l’Antiquité tardive puisqu’elle devient une métropole religieuse dès le début du ive s. Les recherches menées à partir des années 1970 ont révélé le groupe épiscopal des ive s. et ve s., ainsi que les basiliques funéraires érigées à partir du ve s. en périphérie de la ville. Elles ont contribué à retrouver la topographie chrétienne du plus ancien évêché de la Gaule romaine. Leur poursuite au gré des aménagements permet maintenant d’un peu mieux connaître les autres éléments de la ville de l’Antiquité tardive et de sa proche périphérie. Elles montrent un déplacement du centre de l'agglomération, de la colline de Fourvière (l’ancien cœur de la ville romaine) aux quartiers fluviaux situés au bord de la Saône qui ont accueilli de nouveaux monuments religieux, en particulier la cathédrale, et un habitat sans doute relativement dense. La rétraction de l’espace occupé au cours du iiie s. pose la question du devenir de l’ancienne emprise urbaine et de la matérialisation des nouvelles limites de la ville par une ou des enceintes réduites. Les sources textuelles et les données archéologiques invitent à envisager que deux secteurs auraient été enclos : l’un, situé en rive droite de la Saône, englobait les quartiers fluviaux et une partie de la colline de Fourvière – malgré la désertion de cette partie de la ville –, et l’autre, situé en rive gauche de la Saône, englobait le nord-ouest de la Presqu’île ainsi que peut-être une partie des pentes de la Croix-Rousse. Les données accumulées depuis cinquante ans permettent ainsi dorénavant de nuancer l’image d’une ville en ruine durant l’Antiquité tardivepour offrir cemme d’une ville double de 40 ha, enclose, qui se développait de part et d’autre de la Saône. Les 36 ha fortifiés en rive droite de la Saône regroupaient le groupe épiscopal, des thermes, des habitations, des ateliers artisanaux et vraisemblablement la domus ecclesiae. Les 3,6 ha enclos en rive gauche de la Saône, dans la partie nord de l’actuelle Presqu’île, abritaient des habitations et des ateliers artisanaux. L’ancienne ville haute du Haut-Empire avait dorénavant l’aspect d’un paysage périurbain peuplé d’habitations isolées au milieu d’anciens monuments publics dépouillés de leur parure architecturale. Au-delà des murs du Haut-Empire, la périphérie urbaine accueillait toujours des lieux funéraires, des habitations isolées, des ateliers artisanaux, une petite agglomération au milieu de terrains mis en culture mais aussi, dorénavant, des lieux de culte chrétien. Les traces d’activités artisanales et les indices de mise en culture des terres à la périphérie témoignent de la permanence d’une économie et de son adaptation aux mutations de l’Antiquité tardive.
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