- Research Article
- 10.3917/om.426.0237
Pouillot Henri, La nostalgie de l’Algérie française et l’OAS , Paris, Éditions Tirésias-Michel Reynaud, 2024, 292 p. ISBN 979-10-96930- 23-4, 25 euros.
- Feb 26, 2026
- Outre-mers
- Jacques Frémeaux
Ce travail s’appuie sur des témoignages et des documents collectés dans les centres de documentation pour mettre en exergue les instruments déployés à partir 1959 afin de galvaniser et maintenir la vivacité dans l’action des formations supplétives pendant la guerre de décolonisation au Cameroun. L’urgence de circonscrire et de juguler l’insurrection portée par l’Union des Populations du Cameroun, de surmonter les obstacles opérationnels et stratégiques rencontrés par les troupes et de combler le déficit d’hommes pouvant assurer le quadrillage du territoire, oblige l’administration coloniale française et par la suite, postcoloniale à recourir aux populations civiles. Ces jeunes regroupés au sein des unités supplétives, maîtrisant le terrain, l’adversaire et ses stratégies se démarquent par leur efficacité. Pour maintenir cette dynamique, plusieurs dispositions incitatives sont utilisées, notamment, les compétitions intermilices ; la mise à prix des têtes des guérilleros nationalistes ; la notation et la classification des unités par ordre de rendement ; la promesse d’intégrer l’armée et l’octroi des distinctions honorifiques. Le recours à ces modalités de rétribution est guidé par plusieurs enjeux. Il s’agit principalement de développer entre les supplétifs l’esprit de corps et de compétition, de renforcer la discipline au sein des unités, d’utiliser ces derniers pour soutenir l’armée camerounaise et pallier son déficit d’efficacité. Elle permet également à la France, dont le « désengagement » des troupes mobilisées depuis 1956, est amorcé de préserver son influence au Cameroun à travers la « continuité dans l’action » que les supplétifs assurent.
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