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Revisiter les sources de Comment Wang-Fô fut sauvé : La création littéraire comme fruit des transferts culturels
- Jan 01, 2026
- TRANS-
- Yue Hong
Comment Wang-Fô fut sauvé, première nouvelle aux traits exotiques et dépaysants du recueil Nouvelles Orientales, est particulièrement renommée pour son dénouement saisissant et la dimension métaphysique qui sous-tend son intrigue. Pour un conte dont l’intrigue est située au royaume de Han, autrement dit un Orient lointain et inaccessible, la question de ses sources reste essentielle, d’autant plus que Marguerite Yourcenar y fait allusion à plusieurs reprises tout en demeurant volontairement vague, laissant planer un mystère fascinant. Cet essai se propose donc d’examiner les sources possibles de la nouvelle, qui semblent graviter autour de deux mises en intrigue distinctes, l’une issue de la tradition chinoise, l’autre, japonaise. Cependant, le mécanisme d’écriture propre à Yourcenar consistant à brûler ses manuscrits préparatoires, tant au sens littéral que figuré, rend difficile l’identification précise des origines du texte. Toutefois, il apparaît que la création de la nouvelle s’inscrit dans un double mouvement : d’une part, elle s’appuie sur un réseau de transferts culturels nourri par les travaux des auteurs ayant un contact direct avec les cultures-sources, qui sont indispensables pour le travail de l’autrice ; d’autre part, Yourcenar parvient à créer une œuvre narrative dotée d’une autonomie et d’une autorité propres, notamment par une déshistorisation des données originelles et une appropriation des motifs religieux taoïstes, affirmant pleinement sa posture d’autrice. Cet article défend ainsi l’idée d’une articulation intime entre création littéraire et transferts culturels dans le cas yourcenarien.
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