- Research Article
- 10.4000/15ffh
Consent and Obedience in Oroonoko
- Jan 01, 2025
- XVII-XVIII
- Line Cottegnies
Selon Victoria Kahn, les guerres civiles anglaises furent responsables d’une crise des notions transcendantales du pouvoir, car la crise de l'obligation politique met à nu les fondements contractuels de la société. Aphra Behn est consciente de la crise du consentement, comme en témoignent ses comédies, dans lesquelles elle explore de nouvelles façons pour les femmes de refuser ou de négocier leur consentement dans les relations amoureuses et avec leurs pères. Dans Oroonoko, la question du consentement semble être exclue d’emblée : Oroonoko et Imoinda sont des étrangers par l’origine et la race, vendus en esclavage, ce qui les prive du statut de sujets politiques. En raison de son statut ambivalent d’« esclave royal », néanmoins, Oroonoko est invité à plusieurs reprises à consentir à son asservissement et à renoncer à la résistance. La nouvelle, qui se lit d'abord comme une romance ratée (dans laquelle le héros n'est pas miraculeusement sauvé comme il l'aurait été dans les romances du passé), bascule dans la fable politique. Dans un contexte de crise du gouvernement central résultant de la disparition du régime monarchique, Oroonoko est paradoxalement placé dans la position d’un sujet politique qu'il faut convaincre d’accepter d’obéir. Cet article avance qu’Oroonoko peut se lire comme une parabole sur la crise du consentement et de la représentation dans une société qui a perdu son centre transcendantal. On se propose de lire la novella à la lumière de la conception de Hobbes du contrat politique, qui affirme la nécessité d'un gouvernement fort pour sortir de l'état de nature. On montrera comment le récit complique la question du consentement en présentant un cas de rébellion contre une société civile corrompue, tout en mettant en avant la notion de conscience.
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